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Fabrication du papier

Fabrication du papierNous vous invitons à découvrir les diverses étapes de la fabrication du papier telle qu'elle est pratiquée artisanalement au Moulin du Verger...




Le délissage (coupe des chiffons)

Fabrication du papier - Le délissageLes draps de lin anciens récupérés chez des particuliers qui vident leurs armoires, sont déchirés el lanières d'une dizaine de centimètres de large sur toute la longueur du tissu puis, à l'aide d'un daillot (petite lame de faux destinée à couper les ronces) fixé sur un banc, ces lanières rassemblées par paquets plus ou moins gros en fonction de la solidité de la toile sont tranchées tous les dix ou quinze centimètres. Les ourlets, les coutures de pièces fréquentes dans les draps anciens, sont mis de côté car ils nuiraient à l'homogénéité du travail de la pâte à venir.

On procède de la même façon pour tous les tissus de lin. Les chemises occasionnent beaucoup plus de travail car les ourlets et coutures sont plus nombreux.

Dans la mesure du possible on essaie d'harmoniser le résultat final en mêlant des tissus plus ou moins usés, plus ou moins blancs...etc.

Cette image permet d'apercevoir les volets coulissants des étendoirs, piece réservée au séchage du papier.

La préparation de la pâte

Fabrication du papier - La préparation de la pâte à papierLes chiffons sont introduits dans la pile hollandaise petit à petit et travaillés immédiatement par le cylindre de telle façon que le défilage soit le plus rapide possible. La pile une fois chargée, le tissu est entièrement défait en une quinzaine de minutes. Plus le chiffon a été coupé finement plus l'opération est rapide. Ensuite la durée du raffinage dépend du résultat souhaité. En règle générale on privilégie la longueur des fibres qui donne une grande résistance au déchirement tout en conservant de la souplesse aux feuilles. L'avantage des chiffons de lin ancien par rapport à des matériaux neufs ou non tissés équivalents est dans ce domaine incomparable. La feuille finie est beaucoup plus douce et stable, les phénomènes de retrait y sont moins prononcés et la mise à plat du produit fini plus naturelle.

L'introduction de la couleur

Fabrication du papier - Introduction des pigmentsLa préparation d'indigo à l'hyposulfite est progressivement introduite dans la pâte raffinée. La solution prend sa couleur en s'oxydant au contact de la pâte fortement agitée par le brassage du cylindre de la pile.

L'indigo est un pigment qu'il a fallu mettre en solution pour qu'il se disperse et se fixe sur les fibres. Il redevient pigment dès qu'il s'est oxydé.

Le choix d'une pâte de couleur comme illustration de la fabrication ajoute un élément d'information et m'a paru esthétiquement très agréable. Ce papier est destiné aux pastellistes et imite parfaitement les papiers similaires de la fin du XVIII° et du XIX° siècle, jusque dans son vieillissement.

Le mélange de la pâte

Fabrication du papier - Mélange de la pâte à papierPour éviter que la pâte dorme dans le fond de la pile et dans les recoins, il est nécessaire de la spatuler régulièrement.

Cette PILE HOLLANDAISE a été fondue à la fin du XIX° siècle à la fonderie de St Cybard sur les bords de la Charente où se trouvent actuellement le Musée du Papier, l'école d'Art et le Musée de la Bande Dessinée. Fabriquée à l'origine comme pile de poudrerie, elle est conçue pour produire une cinquantaine de kilogrammes de pâte diluée dans mille cinq cent litres d'eau. Elle est actionnée par un moteur électrique de huit chevaux. Son cylindre et sa platine ont été relamés en acier inoxydable en 1980 par les établissements Cognasse aujourd'hui disparus.

Le levage de la feuille

Fabrication du papier - Levage des feuilles de papierLa pâte a été diluée dans une cuve. La dilution détermine le grammage (poids de la feuille au mètre carré). La pâte est égouttée a l'aide d'une forme (voir historique). La quantité de pâte recueillie dépend bien sûr de la concentration et du geste de l'ouvreur (nom de l'ouvrier qui puise la pâte). Le mouvement de branlement donné à la forme pendant l'égouttage permet à la fois de répartir la pâte également et de favoriser l'enchevètrement des fibres. Une feuille correctement agitée est plus homogène, plus transparente, plus solide. Cela vient du fait que l'on multiplie ainsi les points de contacts entre les fibres et les fibrilles qui vont devenir autant de liaisons suplémentaires dans la feuille terminée. 

Le couchage

Fabrication du papier - Couchage des feuilles de papierAprès l'égouttage la feuille est couchée sur un feutre (laine ou synthétique). Ce feutre a pour fonction de libérer la forme pour la feuille suivante et de la séparer de la feuille précédente. Son grain, sa capacité d'absorption, son épaisseur vont déterminer le grain de surface du papier fini, la façon dont il va réagir à la presse et donc celle de son séchage.

La montée du plateau

Fabrication du papier - Montée du plateauAu fur et à mesure les feuilles et les feutres s'empilent sur le plateau. Suivant le grammage du papier et le type de feutre utilisé, on superpose 8, 14, 18, 24, 36, 48 feuilles. Cela dépend de l'habileté ou du confort de travail du coucheur, et du poids du plateau qu'il faut ensuite charger sous la presse.

Sur le plateau chaque feuille doit etre exactement superposée. Le geste du Coucheur est le plus difficile et le plus long à assimiler. Il demande un apprentissage quotidien de plusieurs années, surtout quand on travaille sur un grand nombre de papiers différents, ce qui n'était pas le cas autrefois et qui est indispensable aujourd'hui.

La presse

Fabrication du papier - Pressage des feuilles de papierEn rapprochant les fibres les unes des autres tout en éliminant progressivement l'eau, la presse favorise les liaisons entre les fibres et donne ainsi sa cohésion à la feuille. Ici on presse à cinquante tonnes sur un demi mètre carré de feutres et un tiers de mètre carré de papier.

Moins le papier contient d'eau en arrivant aux étendoirs plus son séchage sera homogène, moins il aura de retrait et plus il sera facile à manipuler ensuite.

Suivant le type de pâte, le type de feutre et la surface de la feuille, le papier contient entre 55 et 65% d'eau après la pressée.

Le découchage

Fabrication du papier - Découchage des feuilles de papierLa feuille une fois pressée est assez "solide" pour pouvoir être manipulée. Cette solidité est bien sur fonction de la quantité d'eau restant dans la feuille. Quand le pressage est bon, on entend la feuille "chanter" en se décollant du feutre et le découchage est une opération facile. Il arrive que, pour des raisons propres à une fabrication particulière il soit impossible de presser suffisamment avec la presse dont je dispose et là l'opération devient trés délicate.

Le séchoir

Fabrication du papier - Séchage des feuilles de papierIl existe plusieurs façons de sécher. Soit à cheval sur des cordes, soit à plat sur des toiles, soit dans des pinces, soit en buvard. Le séchage à l'air est essentiel dans la vie de la feuille. Les variations dues au climat sont dans tous les cas moins dommageables au papier que toute forme de séchage artificiel. Ce séchage à l'air permet à la feuille de trouver sa stabilité sans contrainte. La laisser reposer quelques temps avant de l'utiliser, stockée dans les mêmes conditions que celles du séchage, pendant quelques mois, lui permet de trouver son équilibre.

Ici les feuilles, suspendues par des pinces, sèchent en quelques heures en été et en trois jours en hiver.

Le laminage

Fabrication du papier - Laminage des feuilles de papierQuand il est nécéssaire d'adoucir le grain de la feuille ou de l'aplanir, on utilise une calendre actionnée par la turbine du moulin. Les feuilles passent entre les cylindres de la calandre protégées par des plaques d'isorel, éventuellement par des buvards. On peut aussi utiliser des plaques de métal. Tout dépend du résultat souhaité; plus ou moins lisse, plus ou moins serré.


 
 
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