Art de faire le papier

 
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Avertissement

1ère partie - Art de faire le papier

§. 8
Art de faire le papier


§. 9 - §. 27
Histoire & origines


§. 28 - §. 68
De la matière au lavoir


§. 69 - §. 199
Des moulins


§. 200 - §. 319
De la matière affinée au collage


§. 320 - §. 351
De l'étendoir au lissoir


§. 352 - §. 380
Tri & formation des rames


§. 381 - §. 385
Du papier coloré


§. 386 - §. 389
De l'influence des saisons


§. 390 - §. 435
Papiers de Hollande & différents pays


§. 436 - §. 511
Des réglements qu'on a fait en France


§. 512 - §. 555
Des différentes matières qui pourraient servir à faire du papier


§. 556 - §. 596
Papiers de Chine & du Japon

  - Du papier de la Chine
  - Papier du Japon

2ème partie - Planches & Explications des planches

 

 
Du papier de la Chine

556. La finesse, la douceur et la force du papier qui se fait à la Chine, lui ont fait donner souvent le nom de papier de soie. Bien des personnes, trompées par l'apparence et par le nom, ont cru qu'il était fait réellement avec de la soie ; mais en l'examinant avec soin, on trouve communément que c'est une substance végétale. La soie et toutes les substances animales brûlent sans s'enflammer, se crispent, se racornissent, exhalent une vapeur oléagineuse et une odeur désagréable : au contraire, le coton et les fibres des plantes, si on les présente à la lumière d'une bougie, s'enflamment, et le suc résineux qu'ils contiennent, entretient la flamme jusqu'à ce que la substance soit consumée : c'est ce qui arrive au papier de la Chine, et ce qui prouve que ce n'est point un papier de soie, mais une pâte tirée des végétaux, aussi bien que le papier de chiffon dont on se sert en Europe.

557. On trouve, chez quelques marchands, une sorte de papier appelé aussi papier de soie, qui ne vient point de la Chine ; M. de Genssane en a mis plusieurs fragmens en expérience, et il a rapporté à l'Académie que tous avaient donné les apparences d'une substance purement végétale. On aurait pu croire peut-être que les fibres de la soie, écrasées par les moulins, avaient perdu leur suc oléagineux, et que la colle dont le papier est toujours enduit, pouvait servir de substance à la flamme ; mais M. de Genssane a aussi éprouvé que de la soie battue avec soin, et réduite même en une pâte sans consistance, ce qui est fort difficile et fort long, trempée ensuite dans de la colle à papier, a toujours donné au feu les mêmes apparences et la même odeur qu'auparavant. D'un autre côté, M. Guetard nous assure qu'ayant fait fabriquer une fois du papier avec de la soie bien pilée, ce papier brûla à la manière du papier ordinaire, quoique les coques de vers à soie, dont il s'était servi, aient coutume, dit il, de se recoqueviller en brûlant comme le parchemin (*). Quelle est donc la cause de ces différences ? M. Guetard croit qu'il en faut chercher l'explication dans le tissu, qui devient bien différent dans le papier, de ce qu'il était dans la coque. Les fils de la coque sont longs, disposés en diffèrens sens : un seul fil tourne souvent dans divers plans ; mais lorsque la coque est réduite en papier, les fibres en sont très courtes ; si elles y sont différemment arrangées et liées ensemble, ce lien n'est pas si serré ; ce n'est plus un même fil ou plusieurs fils d'une longueur considérable. Il arrive donc que, lorsqu'on brûle des coques, leurs fils sont tirés en différens sens ; celles d'un plan tirent celles d'un autre plan, et elles doivent aussi se contourner, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Les fibres du papier étant aussi courtes qu'elles le sont, et n'étant liées ensemble que par juxta-position, elles ne doivent agir que peu ou point du tout les unes sur les autres, et par conséquent elles doivent brûler uniformément. Ce qui confirme cette explication, c'est que les endroits du papier où la soie n'avait pas été bien battue, et était encore trop entrelacée, éprouvaient la même rétraction, et se recoquevillaient en brûlant.

558. Le P. du Halde dit formellement que l'on ramasse à la Chine les coques de vers à soie, qui sont au rebut dans les manufactures où se dévide la soie, et qu'on fait du papier avec ces coques : ainsi il paraît qu'on emploie, ou du moins qu'on a employé quelquefois à la Chine, des substances très-différentes les unes des autres à la fabrication du papier ; mais on verra ci-après, que la soie ne s'emploie à faire du papier que dans une très-petite partie de la Chine.

559. Un traité chinois sur l'origine et la fabrication du chi, ou du papier, dont on trouve l'extrait dans l'Hist. des Voyages, tome XXII, p. 281, nous apprend que les Chinois écrivaient autrefois sur de petites planches de bambou, passées au feu et soigneusement polies, mais couvertes de leur écorce ou de leur peau : c'est ce qui paraît assez prouvé par les termes de kyen et de Ise, dont on se servait alors, au lieu de chi, pour exprimer la matière sur laquelle on écrivait. On taillait les lettres avec un ciseau ; et de toutes ces petites planches pressées l'une sur l'autre, on formait un volume : mais les livres de cette nature étaient d'un usage fort difficile.

560. Depuis la dynastie de Tsin (avant la naissance de J.-C.) on écrivait sur des pièces de soie ou de toile, coupées de la grandeur dont on voulait faire un livre. De-là vient que la lettre chi est quelquefois composée du caractère se, qui signifie soie, et quelquefois du caractère kin, qui signifie de la toile.

561. On lit dans un des recueils de lettres des missions étrangères, que l'arbrisseau appelé tonglsao ou longtomou, est celui qui sert à faire le papier à la Chine : c'est aussi celui qui sert à faire les feuilles de ces fleurs qui nous viennent de la Chine, et dont on admire le coloris.

562. Aujourd'hui le papier ordinaire de la Chine est formé de la seconde écorce du bambou, délayé en une pâte liquide, par une longue trituration : il est collé aussi bien que le nôtre, pour empêcher qu'il ne flue, et c'est avec l'alun qu'on lui donne cette préparation ; nous en parlerons ci-après. Ce fut vers la fin du premier siècle de l'ère chrétienne, que cette sorte de papier fut inventée à la Chine par un grand mandarin du palais. Ce physicien trouva le secret de réduire en pâte fine l'écorce de différens arbres et les vieilles étoffes de soie, en les faisant bouillir dans l'eau pour en composer diverses sortes de papier.

563. On lit dans un livre intitulé, Su-ikyen-chi-pu, qui traite de la nature du papier, que dans la province de Se-chuen le papier se fait de chanvre ; que Kaot-song, troisième empereur de la grande dynastie de Tang, fit faire de cette plante un excellent papier, sur lequel tous ses ordres secrets étaient écrits ; que dans la province de Fokyen le papier se fait de bambou ; dans les provinces septentrionales, d'écorce de mûrier, et dans celle de Che-kyang, de paille de riz ou de froment ; enfin, dans la province de Kyang-nan, on fait un parchemin de la petite peau qui se trouve dans les coques de vers à soie : il se nomme Lo-wenchi ; il est très-fin et très-doux.

564. Dans la province du Hu-quang, l'arbre chu, ou le ku-chu fournit la principale matière du papier.

565. Le même auteur parle des différentes couleurs que les Chinois donnent quelquefois au papier ; il traite du papier qui paraît comme argenté sans qu'on y emploie aucune parcelle d'argent ; invention qu'on attribue à l'empereur Kao-ti de la dynastie des Tsi. (Voyez §. 578) Enfin il traite du papier des Coréens, qui se fait avec les coques des vers à soie, et il rapporte que depuis le septième siècle, ces peuples paient à l'empereur leur tribut en papier.

566. On emploie quelquefois la substance toute entière du bambou et de l'arbuste qui porte le coton ; on tire des plus grosses cannes de bambou les rejetons d'une année, qui sont ordinairement de la grosseur de la jambe ; après les avoir dépouillés de leur première peau verte, on les fend en pièces droites de six ou sept pieds de long, pour les faire rouir pendant une quinzaine de jours dans un étang bourbeux. On les lave dans l'eau claire ; on les étend dans un fossé sec ; on les y couvre de chaux ; peu de jours après on les lave une seconde fois ; on les réduit en filasse ; on les fait blanchir et sécher au soleil ; on les jette dans de grandes chaudières ; et après qu'ils ont bouilli fortement, on les pile dans des mortiers jusqu'à ce qu'ils soient réduits en une pâte fluide.

567. Il y a aussi un papier dont on fait beaucoup d'usage, qui est composé de la pellicule intérieure du chu-ku ou ku-chu, et c'est même de cet arbre que ce papier est appelé ku-chi. Lorsqu'on en casse les branches, l'écorce se pèle facilement en longues courroies comme autant de rubans. Les feuilles de cet arbre ressemblent beaucoup à celles du mûrier sauvage ; mais le fruit a plus de ressemblance avec la figue : ce fruit sort des branches sans aucun pédicule ; s'il est arraché avant sa parfaite maturité, la plaie donne un jus laiteux comme la figue. En un mot, cet arbre a tant de rapport avec le figuier et le mûrier, qu'il peut passer pour une espèce de sycomore : cependant il ressemble encore plus à l'adrachne, qui est une sorte d'arboisier de grandeur médiocre, dont l'écorce est douce, blanche et luisante, mais se fend en été, parce que l'humidité lui manque. Le ku-chu, comme l'arboisier, croit sur les montagnes et dans les terreins pierreux. (Du Halde, pag. 866 et suiv.)

568. Il est facile de voir par ce qui précède, qu'une multitude de plantes peuvent s'employer et s'emploient en effet à la Chine à faire du papier ; on préfère cependant les arbres qui ont le plus de sève, tels que le mûrier, l'orme, le tronc du cotonnier. On commence par lever légèrement la pellicule extérieure, en forme de longues courroies : on les fait blanchir dans l'eau et au soleil, et on les emploie comme nous l'avons dit du bambou.

569. On trouve a la Chine, sur les montagnes et dans les lieux déserts, une plante qui produit des seps longs et minces comme ceux de la vigne, et dont la peau est extrêmement unie ; le nom de hautong, que les Chinois lui donnent, exprime cette qualité : on la nomme aussi ko-tong, parce qu'elle produit de petits pois aigres, d'un verd blanchâtre, qui peuvent se manger. Ses branches, qui sont à peu près de la grosseur des seps de vignes, rampent sur la terre, ou s'attachent aux arbres. Suivant le témoignage de l'auteur Chinois, les branches du ko-tong ayant trempé quatre ou cinq jours dans l'eau, il en sort un jus onctueux, qu'on prendrait pour une espèce de glu ou de gomme.

570. On mêle cette gomme dans la pâte dont se fait le papier, ayant beaucoup d'attention sur la juste quantité que l'on en doit employer : on bat ce mélange jusqu'à ce qu'il tourne en une eau grasse et épaisse ; on jette cette eau dans de grands réservoirs composés de quatre murs de trois ou quatre pieds, bien cimentes et mastiqués, pour empêcher la filtration ; et ce sont là les cuves où les ouvriers puisent avec leurs formes les feuilles de papier, comme on l'a vu à l'occasion de notre papier ordinaire.

571. Pour coller le papier à écrire, le lustrer, lui donner du corps, et empêcher qu'il ne flue ou qu'il ne boive l'encre, les Chinois le font tremper dans une eau de colle et d'alun ; les voyageurs appellent cette opération fanner le papier, parce qu'en chinois, fan signifie de l'alun : on hache fort menu six onces de colle commune bien claire et bien nette, qu'on jette dans douze écuelles d'eau bouillante, en la remuant avec soin, pour empêcher qu'elle ne se forme en grumeaux ; on y fait dissoudre ensuite douze onces d'alun blanc et calciné. Ce mélange se met dans un grand bassin, traversé par une baguette ronde et lisse ; on prend la feuille au moyen d'un bâton qui est fendu d'un bout à l'autre ; on la laisse tomber doucement dans la liqueur pour y tremper ; on la retire en la faisant glisser sur la baguette qui traverse le bassin ; après quoi on la suspend, en engageant dans un trou de muraille, l'extrémité du bâton sur lequel elle est placée. Tel est à peu près le procédé des Chinois pour parvenir à faire ce papier qu'on admire pour la finesse, la force et la grandeur ; il aurait peut-être la blancheur du nôtre, si on donnait aux plantes qu'on y emploie plusieurs heures de lavage, après l'avoir passé plusieurs fois à la lessive, à la rosée et au soleil ; mais probablement on perdrait beaucoup de la force que nous remarquons au papier de la Chine, à proportion de sa finesse. Au reste, on en voit quelquefois qui a véritablement la blancheur du papier d'Europe ; mais cela est plus rare.

572. Les formes, c'est-à-dire les moules avec lesquels on puise dans la cuve pour former les feuilles de papier, se font avec des fils de bambou tirés aussi fin que les fils de laiton, au moyen d'une filière d'acier ; on les fait bouillir dans l'huile jusqu'à ce qu'ils en soient bien imprégnés, afin qu'ils ne s'enfoncent pas plus qu'il n'est besoin pour prendre la surface de la liqueur, et que l'humidité ne les étende pas.

573. Les Chinois font du papier qui a quelquefois 60 pieds de long : il doit être fort difficile de former des cadres aussi longs, et d'avoir des cuves assez grandes pour les y tremper ; il ne serait pas impossible de les faire en plusieurs pièces, et de les réunir avec art dans l'instant même où l'on les couche ; mais il ne paraît pas que ce soit là le procédé de la Chine.

574. Lorsqu'on veut faire des feuilles d'une grandeur extraordinaire, on soutient le cadre avec des cordons et une poulie ; des ouvriers tout prêts à tirer chaque feuilles, l'étendent dans l'intérieur d'un mur creux, dont les côtés sont bien blanchis, et dans lequel on fait entrer par un tuyau la chaleur d'un fourneau, dont la fumée sort à l'autre bout par un petit soupirail ; cette espèce d'étuve sert à sécher les feuilles, presque aussi vite qu'elles se font.

575. Il n'est pas étonnant que l'art du papier soit porté, parmi les Chinois, à une très-grande perfection ; la profession y est honorée ; la découverte en est ancienne ; la consommation en est immense. Sans parler des lettrés, qui en emploient une quantité prodigieuse, toutes les maisons particulières en sont remplies ; les chambres n'ont d'un côté que des fenêtres ou de jalousies couvertes de papier ; les murs, quoique revêtus ordinairement de plâtre, sont recouverts d'une couche de papier qui en conserve la blancheur et le poli ; les plafonds sont ornés de compartimens faits en papier : en un mot, on ne voit presque dans les maisons que du papier, et tout ce papier se renouvelle chaque année.

576. On voit hors des faubourgs de Pékin, vis-à-vis les cimetières, un long village, dont les habitans renouvellent le vieux papier, et tirent un profit assez considérable de ces rebuts. Ils savent le rétablir dans sa beauté, soit qu'il ait été travaillé en carton, ou altéré par d'autres usages.

577. Ces ouvriers vont acheter à vil prix dans les provinces, tout ce mauvais papier ; ils en font de gros amas dans leurs maisons, qui ont toutes un enclos de murs fort unis, et blanchis soigneusement pour cet usage. La première opération consiste à le laver sur un pavé incliné près d'un puits, en le frottant de toutes leurs forces avec les mains et avec les pieds, pour en faire sortir l'ordure ; ils font bouillir la masse qu'ils ont ainsi pétrie, et l'ayant battue jusqu'à ce qu'elle ait repris la qualité de papier, ils la mettent dans un réservoir ou une cuve, jusqu'à ce qu'il y en ait une grande quantité. Alors, dit le P. du Halde, ils séparent les feuilles avec la pointe d'une aiguille, et les attachent aux murs de leur enclos pour y sécher au soleil. Ce travail prenant peu de tems, ils les rejoignent ensemble avec la même propreté. On ne conçoit guère la manière dont le P. du Halde prétend que des feuilles qui ont été pétries et battues, peuvent se séparer encore avec la pointe d'une aiguille ; je croirais plutôt que ces vieux papiers se délaient entièrement, pour en faire de nouveau le papier à la manière ordinaire, ainsi que nous l'avons dit §. 122, à l'occasion des papiers que l'on a coutume chez nous de refondre, lorsqu'ils sont défectueux.

578. Nous ne devons pas terminer l'article du papier de la Chine sans parler d'une préparation argentée qu'on lui donne souvent.

579. Le papier argenté qui s'emploie à la Chine, se prépare simplement avec du talc. Les Chinois nomment le talc yun-muache, qui signifie pierre grosse de nuées, parce que chaque morceau cassé semble, pour ainsi dire, une nuée transparente. Le talc que les Russes apportent a la Chine, est préféré à celui qui se lire de la province Sechuen. Après l'avoir fait bouillir environ quatre heures, on le laisse dans l'eau pendant un ou deux jours ; on doit ensuite le laver soigneusement, et le battre avec un maillet dans un sac de toile pour le mettre en pièces. A dix livres de talc on ajoute trois livres d'alun ; on broie le tout ensemble dans un petit moulin à bras ; ensuite ayant sassé la poudre dans un tamis de soie, on la jette dans de l'eau bouillante que l'on décante ensuite. La matière qui se dépose ayant de durcie au soleil, doit être aussitôt réduite en poudre impalpable dans un mortier. Cette poudre, après avoir été sassée une seconde fois, est telle qu'il faut l'employer.

580. Pour préparer le papier à recevoir celle poussière argentine, on prend sept fuens ou deux scrupules de colle, composée de cuirs de vaches, et trois fuens d'alun blanc qu'on mêle dans une demi-pinte d'eau claire, et qu'on fait bouillir jusqu'à siccité ; alors étendant quelques feuilles de papier sur une table fort unie, on y passe un pinceau trempé dans la colle avec le plus d'égalité qu'il est possible : on secoue, au travers d'un tamis la poudre de talc pour la distribuer uniformément sur le papier, après quoi on fait sècher ce papier à l'ombre. Lorsqu'il est sec, on l'étend de nouveau sur une table ; et en frottant légèrement avec du coton, on ôte le talc superflu, qui sert ensuite au même usage : on a ainsi du papier argenté ; et avec la même poudre délayée dans l'eau et mêlée de colle et d'alun, on peut dessiner toutes sortes de ligures sur le papier.



(*) Journal économique, 1751, août, page 122





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